Une toile de plus en plus complexe : Spider-Man 3 tisse de nouvelles intrigues

Le premier assistant monteur Sean Valla, qui a travaillé sur les trois volets de Spider-Man, est d’avis que le film le plus récent de la série est aussi le plus complexe. « Ce film était bien plus difficile à réaliser », explique-t-il en parlant de cette suite, qui contient 937 plans d’effets visuels finaux et de nombreuses séquences d’action de longue durée, allant des scènes endiablées dans les voies souterraines du métro aux combats de haute voltige entre plusieurs personnages. « Ce film est beaucoup plus complet », affirme-t-il au sujet de cette méga-production de 140 minutes, tournée avec un budget estimé à plus de 250 millions de dollars.
L’ajout de plusieurs nouveaux personnages rend le film plus complexe au niveau de la structure et du rythme de l’intrigue, qui peut être comparée à une toile de liens entremêlés. « Il y a beaucoup de personnages principaux », explique Joseph Virzi, assistant Avid. « Il y a le Spider-Man en costume noir et le Spider-Man en costume rouge, ainsi qu’une multitude d’ennemis. De nombreux éléments différents sont rattachés aux actions des personnages et à leur façon d’agir. C’est un film vraiment très impressionnant. Je me demande parfois comment nous sommes parvenus à accomplir un tel exploit. »
Ce n’était certainement pas une tâche de tout repos ! Neuf systèmes Media Composer Adrenaline basés sur Macintosh ont été utilisés par le monteur Bob Murawski, une équipe de monteurs d’effets visuels et leurs assistants pour suivre le rythme de montage ininterrompu. Cinq systèmes ont aussi été configurés pour l’équipe de montage au studio Sony, et un sixième a même été installé à proximité de l’arrière-scène de ce studio pour les projections et visionnements d’effets visuels quotidiens. Cette méthode de projection très fiable et abordable a permis aux réalisateurs de visionner rapidement les séquences à toutes les étapes du montage, pour rafraîchir constamment leur vision créative. Un septième système a été ajouté ultérieurement pour la gestion des fichiers des dossiers de presse électroniques et des autres départements.
Deux systèmes Media Composer Adrenaline supplémentaires ont été utilisés par les monteurs d’effets visuels dans les studios Sony Pictures Imageworks, situés à environ trois kilomètres de là. Ils étaient reliés à la configuration principale du studio Sony via une connexion Fibre Channel. L’équipe au complet était connectée à une solution de stockage partagé Avid Unity MediaNetwork de 5 To pour faciliter le partage des fichiers média et séquences en cours de montage. Tommy Pham, du département de montage d'image numérique de Sony, a élaboré et entretenu la configuration Avid pour s’assurer que l’équipe de montage puisse bénéficier des outils numériques les plus rapides et complets pendant la création ce film aux multiples facettes.
Nous pouvions accéder aux trois films en ligne... Nos monteurs appréciaient de pouvoir visionner des scènes [des films précédents] pour faire un retour en arrière et se servir de certains plans qui n’avaient jamais été utilisés auparavant.
- Sean Valla, premier assistant monteur, Spider-Man 3
Création de design complexe
Murawski et Valla ont commencé le montage pendant la période de pré-production, au mois d’août 2005, en assemblant des storyboards 2D animés pour aider à élaborer les scènes complexes basées sur les effets avant le début du tournage. « Nous devions assembler les animations, réaliser de nombreuses pistes sonores et appliquer les couleurs aux storyboards pour aider le réalisateur Sam Raimi à se faire une bonne idée du script », explique Valla. Ce dernier utilisait régulièrement l’outil Paint avec une technique de codage pour colorier les divers personnages en noir et blanc des storyboards, de façon à ce qu’ils puissent être identifiés rapidement et avec facilité.

Virzi s’est joint à l’équipe au mois d’octobre 2005, au début du tournage. « Nous avons reçu une quantité incroyable de matériel de prévisionnement que nous devions animer sur le système Avid », explique-t-il. « À partir de ce moment, il n’y a pas eu d’accalmie. Nous avons foncé tête baissée. »
Près de 300 kilomètres de pellicule 35 mm ont été filmés pendant la période de production intensive, qui s’est terminée par le tournage des derniers plans complémentaires au mois de février 2007. Tout au long du tournage, la totalité des prises de vue quotidiennes étaient stockées en ligne à l’aide de la solution Avid Unity MediaNetwork, également utilisée lors de la création des deux premiers Spider-Man. L’espace de stockage de 5 téraoctets leur offrait un accès rapide au matériel des trois films. Les monteurs pouvaient ainsi réviser rapidement les anciens plans et effets pour les utiliser comme référence lors de la création des nouvelles scènes, si nécessaire.
« Nous pouvions accéder aux trois films en ligne », explique Valla. « Nos monteurs appréciaient de pouvoir visionner des scènes [des films précédents] pour faire un retour en arrière et se servir de certains plans qui n’avaient jamais été utilisés auparavant. Comme il y a de nombreux flashbacks dans cette suite, il était très pratique de pouvoir revisionner l’ancien matériel. »
Le système Adrenaline a permis d’accélérer notre travail de façon phénoménale.
- Joseph Virzi, assitant Avid, Spider-Man 3
De l’action plus rapide et de meilleure qualité
L’équipe de montage est passée aux systèmes Media Composer Adrenaline pour la première fois lors du tournage de Spider-Man 3, après avoir utilisé les systèmes Avid basés sur hardware Meridien plus ancien pour les deux premiers films. « L’avantage du système Adrenaline est qu’il propose un plus grand nombre d’effets en temps réel. Vous pouvez ainsi travailler sur un nombre supérieur de couches vidéo en temps réel », affirme Valla. Ceci s’est avéré très utile car la timeline pouvait comprendre jusqu’à 10 couches vidéo et 10 couches audio. « Le système Adrenaline a permis d’accélérer notre travail de façon phénoménale », ajoute Virzi.

La création de fichiers QuickTime en temps réel représentait un gain de temps considérable. Valla explique : « Nous devions préparer un nombre impressionnant de fichiers QuickTime pour les artistes d'animation, et la création de ces fichiers se faisait bien plus rapidement sur le système Adrenaline. Nous pouvions créer une bobine de 20 minutes en temps réel – ou même plus rapidement. Avec le système Meridien, la création d’une bobine de 20 minutes pouvait prendre de deux à trois heures. Il s’agissait donc d’un avantage très intéressant puisque nous devions souvent travailler avec 50, 60 ou 70 plans par jour. »
Le fait de pouvoir prévisionner les effets visuels sur une base quasi quotidienne et directement à partir du système Media Composer Adrenaline a permis au réalisateur, aux producteurs et aux autres membres de l’équipe de création de visionner des scènes CG complexes tout au long du développement, et de leur apporter des modifications si nécessaire. Ce processus les a aidés à respecter les échéances tout en garantissant des résultats artistiques optimaux. Les fichiers étaient rapidement acheminés d’un système Media Composer Adrenaline vers un projecteur 2K pour un visionnement plein écran. « La sortie SD directe du système était très pratique. 15 minutes suffisaient pour installer et configurer nos équipements à chaque projection », affirme Valla.
Le décompte final
L’utilisation d’une configuration de montage portable a également aidé à assurer la précision et la clarté visuelle de la pellicule finale. Valla s’est servi du logiciel Avid Xpress Pro sur un portable Macintosh pendant le processus numérique intermédiaire dans les locaux de Technicolor, à Culver City. « J’effectuais une consolidation pour chaque bobine, je la transférais sur un portable, puis je me fiais sur le DI pour repérer les fondus et repositionnements. Ce processus était très efficace. Je pouvais ainsi identifier les plans finalisés sur la timeline de référence », explique-t-il.

Alors que la date de sortie du 4 mai approchait à grand pas, l’équipe devait continuer de travailler à un rythme effréné pour assurer la livraison dans les délais. « Joe, la plupart des membres de l’équipe et moi-même avons travaillé pendant sept ou huit semaines d’affilée vers la fin du projet, sans prendre un seul jour de congé », confirme Valla. Pendant toute la durée de la phase de montage, les équipements n’ont pratiquement pas connu de pannes. « Nos systèmes Avid étaient utilisés de 6h00 à 2h00 quasiment tous les jours », explique Valla. « Nous ne les avons jamais éteints », ajoute Virzi.
Maintenant que Spider-Man 3 est projeté dans les cinémas du monde entier, les cinéphiles peuvent apprécier les efforts herculéens déployés par l’équipe de tournage pour offrir une suite divertissante répondant aux attentes générées par le succès des deux films précédents. Ayant nécessité près de trois ans de travail – des débuts du processus de création à la livraison – ce film représente un accomplissement colossal. « Nous ne l’avons pas vraiment fini... il s’est simplement terminé », mentionne Virzi, en parlant de ce projet très exigeant.
Mais après tout, le travail d’un super-héros n’est jamais vraiment terminé non plus.
Get a behind-the-scenes look at the sound design and mixing process for Spider-Man 3. [pdf, 15 MB]
Credits: 2007 Columbia Pictures Industries, Inc. MARVEL, and all Marvel characters including the Spider-Man, Sandman and Venom characters TM & 2007 Marvel Characters, Inc. All Rights Reserved.
